CISH 2026
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La Révolution de l’Histoire: Un Centenaire d’Études Historiographiques sur la Révolution Française (Journée d’Études/Table Ronde)

  • Date

    V. Friday, 28.08.2026, 08:30-10:30

    VI. Friday, 28.08.2026, 11:00-13:00/30

  • Location
    House 1 - T-1006
  • Theme
    I - Revolution, Conflict, War and Peace in Historiography

Abstract

En 1926 , lorsque fut fondée la CISH, l’historiographie de la Révolution est en pleine mutation entre la Révolution soviétique qui désire construire une généalogie à partir de 1792, une montée des fascismes qui revendiquent pour eux des Révolutions nationales à l’opposé des Révolutions des Lumières de la fin du XVIIIe siècle, et une révolution des sciences historiques, en France, initiée par la naissance de l’Ecole des Annales, sans compter les luttes continuelles franco-française ( Aulard Mathiez) sur l’interprétation de la Révolution. Sociale, économique, politique, culturelle, atlantique, socialiste, coloniale, genrée, décoloniale, mondialisée, l’historiographie de la Révolution a suivi les grands mouvements de l’histoire et de ses champs d’études depuis un siècle. Parfois elle les a précédés ou innovés. En effet si l’on considère que l’histoire, au contraire de la sociologie, est l’étude des trends longs et immobiles, entrecoupés de ruptures majeures qui prennent le nom de Révolution (scientifiques politiques, culturelles ou économiques) alors les Révolutions du XVIII e siècle et la Révolution française constituent un paradigme possible pour toutes les sciences historiques et l’étude de nouveaux régimes d’historicité. Surtout, étudier les Révolutions entre 1770 et 1820 renvoie de suite à une approche mondiale du phénomène révolutionnaire qui fait du métier de l’historien-ne de cette époque un double métier. Il ou elle est spécialiste de sa période, mais l’historiographie de la Révolution française puis des Révolutions a tellement mobilisé les récits nationaux et les controverses politiques de la modernité (démocratie, république, suffrage, liberté, insurrection légitimes, pouvoirs légaux, césarismes nés des Révolutions) que s’impose à la même personne de se confronter au miroir que le présent renvoie de la révolution qu’il ou elle étudie dans le passé. La révolution et c’est le constat premier de son intérêt historique n’est manifestement pas terminée, posant l’historien ne au cœur du passe-présent-futur. C’est pour cette raison qu’étudier à l’occasion du centenaire de la CIHS, un siècle d’historiographie de la Révolution française parait si important. Et d’abord parce que l’histoire du congrès lui-même a marqué cette histoire au moins deux fois. En 1956 à Rome quand fut proposé par R Palmer et J Godechot le concept de « Révolution atlantique » qui allait bouleverser les études historiques jusqu’aujourd’hui et ouvrir à des études sur la mondialité et la mondialisation du phénomène. Ensuite en 1960, à Stockholm, les études sur le babouvisme allaient relancer en ce début de décennie révolutionnaire aboutissant à 1968, les études sur les phénomènes les plus radicaux des révolutions sociales ou sociétales. Ce sont donc deux histoires liées que celle de la CISH et de la CIHRF qu’il nous faut penser ensemble, à partir des années 1920 – 1930 jusqu’à aujourd’hui, en pleine inclusion enfin des questions coloniales, impériales et mondiales dans l’approche des révolutions qui dépassent évidemment le cadre de la France, voire de l’Atlantique pour se porter sur le monde entier (comme le démontre la seconde journée proposée par la CIHRF). La logique de cette journée est double en abordant les thèmes différents qui ont marqué les générations de grands historiens qui se sont intéressés à la Révolution insistant sur son aspect de lutte de classes, ou bien son aspect guerrier ou bien sur la contre -Révolution ou bien sur les aspects culturels. Il existe une seconde approche abordée dans cette journée, celle des traditions nationales, qui ne répètent pas seulement des jeux d’histoire refermée sur les nations , mais au contraire s’abreuvent de notions nouvelles pour penser de façon originale, par l’histoire comparée de leur révolution et de leur école de pensée historique, un modèle ou un contre modèle à développer ( les exemples opposés par exemple de l’historiographie britannique et chinoise en sont une illustration), tout comme il conviendra de penser des histoires connectées ( histoire atlantique) ou histoire superposée ( histoire américaine de la Révolution dont 2026 sera le 250° anniversaire et celle de la Révolution française). La journée étudiera aussi la contre-révolution trop souvent oubliée dans sa dimension conflictuelle et son importance tout simplement. Son aspect migratoire sera privilégié, avec les émigrés contre-révolutionnaires, ayant influencé la vie politique des Iles Britanniques, des Etats Allemands ou des Etats-Unis, sans oublier les conséquences que d’autres migrations de militaires ou de fonctionnaires ont pu avoir sur d’autres pays, comme l’Italie. Deux doctorantes au cœur des problématiques actuelles sur une histoire vécue des individus et de la construction du champ social des historiens ou des systèmes de superstructure qui motivent leur réseau ou leurs querelles permettront d’envisager les futurs chantiers de l’avenir, lors d’une table ronde participative et invitant au débat.

Convenor

  • Pierre Serna (Président de la CIHRF / Paris I Panthéon Sorbonne)

Panelists

  • Matthias Middell  (Leipzig University)
  • Pierre Serna (Président de la CIHRF / Paris I Panthéon Sorbonne)
  • Alan Forrest (Université de York)
  • Katja Castryck-Naumann (Leibniz Institute for the History and Culture of Eastern Europe (GWZO))
  • Carla Hesse (Université de Berkeley)
  • Karine Rance (Université de Clermont Ferrand)
  • Yiwei Song (Université de Nanjing)
  • Weiti Li (Université de Pékin)
  • Shota Fujihara (Université de Hiroshima)
  • Johanne Perrin (Université de Paris I Panthéon Sorbonne))
  • Giulia Corrado (Université de Pise et Université de Paris I Panthéon Sorbonne)
  • Anna Maria Rao (Université de Naples)

Papers

  • Introduction

    Matthias Middell
  • D’une histoire franco-française à une histoire mondiale décolonisée. 1937-2025

    Pierre Serna
  • Une école anglaise ? La Révolution française dans l'historiographie britannique

    Alan Forrest
  • The 1956 Rome Congress and the contours of the Atlantic Revolution

    Katja Castryck-Naumann
  • American Histories of the French Revolution in the Age of Pax Americana (1944-2024)?

    Carla Hesse
  • Une histoire toujours contemporaine : l'historiographie de la contre-révolution de Gaxotte à nos jours

    Karine Rance
  • L’historiographie de la révolution française au regard de la révolution chinoise (1930 à nos jours )

    Yiwei Song, Weiti Li
  • La Révolution française dans l'historiographie japonaise : genèse et évolutions des années 1930 à nos jours

    Shota Fujihara
  • 1917-1935 (ou 39): L’âge d’or de l’histoire socialiste de la Révolution

    Johanne Perrin
  • Contre la passivité de l’histoire : la Révolution française dans la pensée gramscienne

    Giulia Corrado
  • Un paradigme de l’histoire de la Révolution le cas Italien ? écrire l’histoire de la Révolution française en Italie depuis 1945 à nos jours

    Anna Maria Rao